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Neurobiologie de l’hyperphagie : la tour de contrôle neuroendocrinienne

L’hyperphagie consiste en une attitude de surconsommation alimentaire non motivée par la faim au plan métabolique et qui peut aboutir au surpoids ou à l’obésité, pathologies en très fort développement dans les pays ayant un mode d’alimentation occidental. Elle constitue de ce fait un trouble des conduites alimentaires, lequel se révèle bien plus fréquent que les troubles anorexiques, boulimiques et pourtant bien moins connu que ces derniers comme en atteste le peu de publications la concernant. L’hyperphagie est un déséquilibre qui résulte de dysfonctionnements au niveau de l’homéostasie énergétique, de l’environnement alimentaire et des mécanismes intrapsychiques.

 

Résumé

L’homéostasie de l’organisme est assurée par des mécanismes complexes impliquant l’évaluation des réserves énergétiques à court et long termes. Grâce à la signalisation hormonale (leptine, insuline, cholécystokinine (CCK), ghréline) et nerveuse (nerf vague), ces évaluations sont intégrées au niveau du système nerveux central (SNC). Elles peuvent, en fonction du contexte émotionnel et environnemental, déclencher l’ingestion alimentaire, et son arrêt lors du rassasiement. En cas d’hyperphagie, le repas est initié en dépit des réserves énergétiques, du fait de dysfonctionnements des systèmes d’évaluation associés à un biais attentionnel vers les aliments palatables. L’ingestion se poursuit, due aux dysfonctionnements de signalisation du nerf vague, et à la difficulté d’acquisition comportementale du rassasiement spécifique et conditionnel pour les aliments ultra-transformés. Enfin, l’hyperphagie peut être entretenue par des mécanismes intrapsychiques de régulation des émotions ou par l’activation du circuit de la récompense proche des conduites addictives.

 

Abstract

Neurobiology of hyperphagia
The organism homeostasis is achieved by complex mechanisms, implying a measure of energetic reserves in the short and long term. Thanks to both hormonal signals- such as leptin, insulin, cholecystokinin or ghrelin -and nervous signals from the vagus nerve, these measures are taken into account by the Central Nervous System. Thus they can- according to the emotional and environmental context, result in food ingestion, and in a stop when satiation. In a case of overeating, the meal is initiated ignoring energetic reserves, due to a dysfunction of evaluation systems coupled with an attention bias to palatable food. The ingestion goes on, because of a dysfunction of the signals from the vagus nerve, and of the difficulty in acquiring a behaviour specific or conditioned satiation, after eating highly processed food. Finally, overeating may be favoured by inner psychological mechanisms of emotional regulation or by the activation of the reward circuit, which is close to addictive behaviours.

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