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Psychothérapie et Covid-19 : un fort contexte anxiogène

Diabète & Obésité : Avez-vous observé des effets de l’épidémie Covid-19 dans vos consultations ?

Pr Gérard Ostermann : La crise que nous vivons actuellement nous rappelle que nous ne maîtrisons pas tout. La pandémie nous a montré que la Nature conserve son pouvoir sur nous, un pouvoir impossible à contourner. J’ai pu en constater l’effet psychologique dans la population générale, notamment par une augmentation du nombre des demandes de consultation. Ces demandes concernaient essentiellement l’apparition de symptomatologies dépressives, anxieuses, modérées à sévères, alors même que les émotions considérées comme positives, comme la qualité de vie ressentie et le lien social, ont diminué. Les troubles étaient associés à une diminution de la qualité du sommeil et à une augmentation des addictions, en particulier de l’usage nocif de l’alcool. Il ne faut pas non plus oublier l’augmentation des violences conjugales. Certaines populations comme les étudiants, souffrant d’un isolement social important, pouvaient être particulièrement à risque et ont d’ailleurs développé des troubles psychologiques avec des conduites suicidaires. Chez les soignants, le risque d’anxiété, de dépression et d’addiction, voire de stress post-traumatique, de burn-out a également a été démultiplié. 

 

Diabète & Obésité : Comment peut-on expliquer ces effets ?

Pr Gérard Ostermann : Le contexte y a largement contribué puisqu’il y a à la fois une insécurisation économique et un sentiment anxiogène. Ce qui m’a frappé, c’est que, lors du premier confinement, des pathologies psychiatriques sont passées légèrement sous le radar et tout particulièrement des phénomènes psychiatriques lourds. En effet, il est possible que certaines pathologies aient été vécues dans un premier temps comme protectrices. Je pense notamment aux troubles des conduites alimentaires tels que les anorexies mentales : apparemment, ces personnes n’ont pas trop souffert puisqu’elles sont restées dans le contrôle, relativement confinées. Je pense également à l’obésité. Les personnes atteintes d’obésité ont plutôt bien vécu le confinement, car, quelque part, c’était un peu comme une forme de retour dans le “giron maternel”. Au final, on les retrouvait 6 mois après avec une prise de 10-15, voire 20 kg. D’un autre côté, il y a ceux qui n’avaient pas a priori d’antécédents psy évidents et qui n’ont pas compris ce qui leur arrivait : découragement, déprime, voire assèchement. Ils n’avaient pas pris conscience à quel point pouvoir prendre un café dans un bar, aller au restaurant ou aller au cinéma était aussi important. Ils se sont aperçus que ce n’était pas tant les loisirs qui étaient nécessaires, mais le fait de pouvoir échanger et partager avec des gens que l’on aime et respecte. 

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