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Time In Range (TIR) : vers un nouveau marqueur de suivi du diabète

L’HbA1c est actuellement le marqueur biologique universellement reconnu pour le suivi du diabète. En effet, les études DCCT/EDIC et UKPDS ont démontré que l’élévation de l’HbA1c contribuait au développement des complications micro- et macrovasculaires chez les patients atteints de diabète de type 1 (DT1) ou de diabète de type 2 (DT2) (1-3). Ces grandes études ont en outre permis de déterminer des valeurs seuils d’HbA1c qui servent d’objectifs à atteindre afin de limiter le risque de survenue des complications dégénératives du diabète. Ainsi, les principales sociétés savantes recommandent l’obtention d’une HbA1c < 7 % (voire 6,5 %) chez les adultes et < 7,5 % chez les enfants atteints de diabète, ces objectifs pouvant être modulés chez les adultes atteints de DT2 selon leur âge, l’existence de comorbidités et de complications, le risque hypoglycémique et l’espérance de vie (4, 5). Cependant, même si l’HbA1c reste incontournable pour évaluer l’équilibre glycémique des patients atteints de diabète, elle présente de nombreuses limites qui suggèrent l’utilisation alternative des paramètres CGM (continuous glucose monitoring) comme le TIR (time in range ou temps dans la cible), la technologie CGM étant désormais fiable et plus largement répandue.

L’HbA1c ne reflète pas toujours justement la glycémie moyenne

La relation entre le taux de glycation de l’hémoglobine et la glycémie capillaire moyenne est variable d’un sujet à un autre, de telle sorte que, par exemple, une HbA1c à 8 % peut s’observer, à l’extrême, chez un patient dont la glycémie capillaire moyenne est de 147 mg/dl, comme chez un patient dont la moyenne est de 217 mg/dl (6). Des données similaires ont été communiquées récemment à l’ADA 2017 (San Diego), montrant une corrélation entre l’HbA1c et la moyenne du glucose interstitiel, mais avec une grande dispersion des valeurs (Fig. 1). Ces discordances sont en partie expliquées par l’origine ethnique des sujets, l’HbA1c étant en moyenne supérieure de 0,4 % chez les sujets afro-caribéens, comparativement aux sujets caucasiens, pour un niveau donné de glycémie moyenne (7). De nombreux facteurs peuvent également représenter des biais analytiques au dosage de l’HbA1c et entraîner des fausses augmentations ou diminutions de ce paramètre : anémies de causes diverses, insuffisance rénale, hyperbilirubinémie, hypertriglycéridémie, intoxication éthylique chronique, intoxication au plomb, prises médicamenteuses (vitamine C, vitamine E, ribavirine, acide salicylique, opioïdes…) (8). Ainsi, même si l’HbA1c garde tout son sens à l’échelle d’une population, afin d’en définir l’équilibre glycémique, son utilisation individuelle semble moins pertinente, un nombre non négligeable de patients présentant des valeurs d’HbA1c discordantes avec les glycémies capillaires ou le glucose CGM.

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