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Une brève histoire de la vaccination

Dès l’antiquité, on fit le constat empirique que des individus ayant survécu à une maladie infectieuse aiguë ne contractaient pas la maladie une seconde fois : ils semblaient ainsi protégés par la première exposition. Cette observation a conduit dès le XIe siècle à la pratique de la variolisation en Chine, qui consistait à instiller chez un sujet sain des extraits de pus ou de squames d’un patient infecté et présentant une forme atténuée de la maladie. Cette pratique a été introduite en Europe occidentale au XVIIe siècle. Cependant, si la variolisation semblait efficace et prévenait effectivement la variole chez la majorité des sujets, 2 à 3 % des individus ayant fait l’objet d’une variolisation mourraient de la maladie ainsi transmise, expliquant que cette méthode ne se soit que très lentement répandue… On peut cependant citer, en France, l’inoculation de la variole à Louis XVI et à plusieurs membres de la famille royale en 1774, année même ou Louis XV était mort de la variole. À la toute fin du XVIIIe siècle, Edward Jenner observa que les paysans contaminés par la vaccine (la « maladie des trayeurs »), une variole bovine, étaient protégés de la variole humaine. Il nota également que cette protection n’était pas définitive, et que ces paysans pouvaient contracter la variole des années après avoir présenté une forme atténuée de la vaccine… Ainsi naquit le principe de la vaccination, consistant à inoculer à un sujet sain une forme atténuée de la maladie, et le concept de la revaccination pour pérenniser la protection ainsi acquise. La vaccination anti-variolique se généralisera en France au XIXe siècle, et la démonstration de l’intérêt d’une revaccination fut apportée lors de la guerre de 1870. Les soldats allemands étaient revaccinés tous les 7 ans, contrairement aux Français. Sur 500 000 combattants allemands, 8 463 furent contaminés par la variole, conduisant à 459 décès (5,4 %). Parmi les 300 000 Français engagés dans les combats, 12 500 contractèrent la variole, conduisant à 2 340 décès (18,7 %). Ce triste constat fit la promotion de la revaccination dans l’ensemble de l’Europe. La vaccination se faisait alors de l’animal à l’Homme, et le Dr Ernest Chambon, qui mit en place le premier institut de la vaccine, fut surnommé l’homme à la vache car il utilisait une génisse vaccinifère qui était transportée en voiture d’un centre de vaccination à l’autre…

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