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Insuffisance cardiaque et insuffisance rénale chronique : points communs et différences

L’insuffisance rénale chronique (IRC) est reconnue depuis plusieurs décennies comme une complication grave des diabètes aux conséquences humaines et médico-économiques très étudiées. En revanche, l’insuffisance cardiaque (IC) chez les patients diabétiques a été longtemps ignorée y compris par les diabétologues eux-mêmes. Ces deux complications, qui font partie des problèmes croissants de santé publique actuels, ont de très nombreux points communs et quelques particularités qui les distinguent. Voici une courte synthèse à ce propos.

L’IRC chez les diabétiques, une complication mieux connue

Les liens entre néphropathie, IRC et diabète sont bien connus depuis l’origine de la prise en charge des jeunes diabétiques de type 1 (DT1) comme pour d’autres complications de microangiopathie (rétinopathie, neuropathie), mais la place importante du diabète de type 2 (DT2) dans l’IRC terminale n’a été véritablement identifiée qu’au début des années 90, soit il y a environ presque 3 décennies (1). Nous avions nous-mêmes attiré l’attention sur la place croissante des diabétiques (DT2 surtout) parmi les sujets dialysés en France, seulement de l’ordre de 14,2 % en 1995, mais contre 6,9 % en 1989. Déjà à l’époque dans la plupart des pays, les diabétiques représentaient plus de 20 %, voire jusqu’à la moitié des dialysés, comme en Allemagne dans la région du Neckar ou en Alsace (1), dont plus de 90 à 95 % de DT2. Aujourd’hui partout dans le monde, cette forme de diabète est la première cause d’IRC terminale (> 50 %) et d’hospitalisations dans les unités de néphrologie. Peut-être faut-il y voir la conséquence de la survie de ces patients, tous cardiovasculaires (CV) et surtout coronariens, des patients de mieux en mieux pris en charge pour ce risque. La réduction de la mortalité CV se serait donc accompagnée d’un plus grand nombre de DT2 avançant en âge et atteignant des stades plus avancés d’IR. En Europe, au Japon, l’incidence de l’IR terminale a diminué significativement avec le temps chez les patients diabétiques de type 1. En France, – 10 % par an, grâce à la prise en charge moderne des DT1 (glycémie, pression artérielle). Mais elle s’est considérablement accrue chez les patients DT2. En cause majoritairement, + 16 % par l’effet propre de la maladie, très peu de par le vieillissement de la population (+ 3 %), ou de la croissance démographique (+ 2 %). En somme, ce risque rénal est une réalité bien connu des médecins prenant en charge les patients DT2. Il reste cependant encore à tout mettre en œuvre pour éviter que ces patients soient référés bien trop tardivement aux néphrologues.

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