L'expertise pratique en diabétologie
 

Maladie parodontale et diabète : une relation étroite et conflictuelle

La parodontite est une maladie fréquente dans la population générale, mais elle l’est encore plus dans la population des patients diabétiques. Il est donc indispensable de mettre en place des liens étroits entre les différents acteurs médicaux des patients diabétiques.

Résumé
Les maladies parodontales sont des maladies infectieuses chroniques avec une inflammation des tissus de soutien de la dent. Elles sont caractérisées par un microbiote avec une proportion augmentée de bactéries Gram négatives. La conséquence de cette pathologie est une perte osseuse pouvant entraîner la perte des dents. La prévalence de la maladie parodontale varie de 20 à 50 % dans la population générale alors qu’elle est de 60 % chez les patients diabétiques. La maladie parodontale contribue à la dérégulation du diabète via son microbiote et sa réaction inflammatoire en perturbant la cascade de signalisation de l’insuline. D’autre part, le traitement de la maladie parodontale pourrait contribuer à l’amélioration du contrôle glycémique en diminuant de 0,40 % l’hémoglobine glyquée après 3 à 4 mois. De ce fait, le médecin et/ou le diabétologue devient un acteur majeur en incitant ses patients diabétiques à consulter son dentiste annuellement. Le dentiste peut alors contribuer à une prise en charge optimale du diabète.

Définition de la maladie parodontale ou parodontite

Les maladies parodontales sont des maladies infectieuses chroniques des tissus de soutien de la dent appelés parodonte (la gencive, le ligament appelé desmodonte et l’os alvéolaire porté par le maxillaire et la mandibule) (1). Lors des modifications de la cavité buccale induites par un défaut d’hygiène, une alimentation dérégulée, des maladies systémiques, un état de stress aggravé ou la prise chronique de médicaments, il existe une perturbation des microbiotes buccaux et notamment parodontaux (2). Cela entraîne une dysbiose, c’est-à-dire une rupture d’équilibre entre les espèces bactériennes présentes dans le microbiote. Cette dysbiose du microbiote parodontal est caractérisée par un biofilm bactérien accolé à la surface de la dent et au contact des tissus parodontaux. Lors des parodontites, ce biofilm augmente sa proportion de bactéries Gram négatives en entraînant une réaction immunitaire associée à une inflammation de l’ensemble du parodonte (Fig. 1). La conséquence de cette pathologie est une perte osseuse communément appelée le « déchaussement dentaire » et son diagnostic est établi sur la perte d’attache entre la gencive. Lors du bilan de complications, le médecin en charge du diabète du patient peut penser à demander à son patient si ses gencives saignent, si ses dents se déchaussent, bougent et/ou certaines sont tombées et s’il a mauvaise haleine. En cas de réponses positives, le patient peut être atteint de maladie parodontale et il est conseillé d’adresser le patient à un chirurgien-dentiste.

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