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Rhumatologie et Covid-19 : une succession de périodes d’inquiétude intense pour les patients atteints de maladies inflammatoires chroniques

Diabète & Obésité  : Dans votre spécialité, comment l’épidémie de Covid-19 a-t-elle été vécue par les patients ?

Pr Thierry Schaeverbeke : Nos patients atteints de maladies inflammatoires chroniques, de maladies dysimmunitaires au sens large, ont subi une succession de périodes d’inquiétude intense, et ce, dès le début de l’épidémie. Les traitements immunomodulateurs ou immunosuppresseurs que nous utilisons pour gérer ces maladies ont conduit les pouvoirs publics à qualifier les malades atteints de rhumatismes inflammatoires comme des personnes à haut risque. Il y a donc eu d’emblée une importante inquiétude de la part de nos patients, ce qui a induit dans un premier temps à une véritable fuite des consultations, aussi bien en ville qu’à l’hôpital, avec très peu de consultations honorées et de prises de rendez-vous, beaucoup d’annulations chez nos collègues libéraux ainsi que dans les structures hospitalières avec une crainte d’attraper le Covid-19 à l’hôpital ou chez le médecin. Il a fallu recontacter les patients, adresser des messages via la Société française de rhumatologie ou les syndicats de médecins libéraux, relayés par les associations de malades, en sachant très bien que ce type de message n’atteint malheureusement qu’une fraction des malades. Le message était simple : « Attention, n’arrêtez pas vos traitements, nous n’avons aucun élément laissant entendre que ces thérapeutiques aient un effet négatif sur le devenir d’une éventuelle infection Covid-19. En revanche, si vous arrêtez vos traitements, votre maladie va se réactiver, et il est certain qu’une infection sera plus sévère si elle survient sur un rhumatisme inflammatoire complètement déséquilibré ». Ce message a été pollué par la communication dramatique de nos pharmacologues sur l’effet néfaste des anti-inflammatoires non stéroïdiens… Si les arrêts complets de traitements ont été finalement assez rares (moins de 10 % dans les différentes enquêtes), les retards de consultations ont été très fréquents. Cette première période fut donc un désastre et nous n’avons jamais vu autant de gens arriver dans des situations dramatiques de rhumatismes inflammatoires complètement incontrôlés. Aux mois de mai-juin, donc après la levée du premier confinement, j’ai vu plus de maladies de Horton arrivant au stade de cécité que je n’en ai vues en plus de 30 ans de carrière. 

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